
Une pompe à chaleur peut fonctionner sans afficher de défaut tout en perdant progressivement en efficacité. Quelques feuilles collées contre l’unité extérieure, des filtres chargés de poussière ou une circulation d’air insuffisante peuvent contribuer à augmenter sa consommation et compliquer son fonctionnement lorsque les températures chutent.
Pour limiter ces problèmes, il n’est pas nécessaire de démonter votre installation. Un contrôle visuel mensuel, le nettoyage des éléments accessibles prévus par le fabricant et la surveillance du comportement de l’appareil constituent une bonne base de prévention.
Ces gestes ne remplacent cependant pas la visite d’un technicien qualifié. L’entretien professionnel permet notamment de contrôler les éléments techniques auxquels un particulier ne doit pas accéder.
L’objectif est de reconnaître ce qui relève de l’entretien courant, de distinguer les signes normaux des anomalies et d’intervenir au bon moment, avant qu’une baisse de rendement ne se transforme en panne de chauffage.
Entretien d’une pompe à chaleur : l’essentiel
- Chaque mois, vérifiez la propreté des filtres accessibles, l’état des abords de l’unité extérieure et l’absence de bruit inhabituel.
- Surveillez particulièrement le givre persistant, les cycles de fonctionnement anormaux et toute hausse inexpliquée de consommation.
- En France, les PAC relevant de la catégorie des systèmes thermodynamiques de 4 à 70 kW sont généralement soumises à un entretien professionnel au moins tous les deux ans, sous réserve des exclusions réglementaires.
- Pourquoi une PAC s’encrasse plus vite quand il y a des feuilles et des poussières autour de l’unité extérieure ?
- Comment nettoyer filtres et abords en 20 minutes sans abîmer votre pompe à chaleur ?
- Entretien obligatoire ou recommandé : qu’est-ce qui relève du bon sens et qu’est-ce qui relève du contrat ?
- L’erreur qui provoque du givre persistant et fait chuter les performances sans message d’alerte
- Quand programmer l’entretien pour éviter les délais d’intervention de 3 semaines en période de froid
- Comment estimer le rendement de votre équipement avec vos relevés et 2 informations de base ?
- Pourquoi une PAC trop puissante peut consommer plus et durer moins longtemps malgré de « bons chiffres » ?
- Pourquoi votre équipement « haut rendement » ne tient pas ses promesses quand il fait 0 °C dehors ?
Pourquoi une PAC s’encrasse plus vite quand il y a des feuilles et des poussières autour de l’unité extérieure ?
L’unité extérieure d’une pompe à chaleur aspire de grandes quantités d’air pour récupérer de l’énergie thermique. Lorsque des feuilles, des poussières ou des pollens s’accumulent à proximité, une partie de ces particules peut se déposer sur la grille et l’échangeur. Cette accumulation gêne progressivement la circulation d’air et réduit l’efficacité des échanges thermiques.
Le phénomène est particulièrement visible dans les jardins arborés. Après une période venteuse, les feuilles mortes peuvent se concentrer au pied de l’appareil, contre les ouvertures de ventilation ou dans les espaces où l’air doit normalement circuler.
Les aiguilles de conifères, les poussières et les pollens peuvent également s’accrocher aux surfaces de l’échangeur. En présence d’humidité, ces dépôts peuvent former une couche plus difficile à éliminer.
Il faut toutefois distinguer l’encrassement visible des abords de celui qui touche directement les composants internes. Le premier peut souvent être corrigé par le propriétaire. Le second nécessite une méthode de nettoyage adaptée et, selon l’accessibilité, l’intervention d’un professionnel.
Un échangeur encrassé transfère moins efficacement la chaleur. La pompe à chaleur peut alors fonctionner plus longtemps pour obtenir le même résultat, avec une consommation électrique potentiellement supérieure.
En automne, deux phénomènes se cumulent : les feuilles tombent alors que les besoins de chauffage augmentent. En hiver, l’humidité et le givre peuvent aggraver les conséquences d’une mauvaise circulation d’air.
Après un week-end venteux, observez simplement la position des feuilles autour de l’unité et écoutez le bruit habituel du ventilateur depuis une distance sûre. Des accumulations répétées au même endroit justifient une surveillance plus rapprochée. Un bruit nouveau ne prouve pas à lui seul un encrassement, mais mérite d’être signalé s’il persiste.
Cette observation permet d’adapter la fréquence des vérifications à l’environnement réel de votre installation, plutôt que d’appliquer exactement la même routine à tous les logements.
Comment nettoyer filtres et abords en 20 minutes sans abîmer votre pompe à chaleur ?
Un entretien courant d’environ 20 minutes peut suffire pour vérifier les abords de l’unité extérieure et nettoyer les filtres accessibles, lorsque votre modèle en possède. Il faut suivre la notice du fabricant, arrêter l’appareil et couper l’alimentation avant les manipulations autorisées. Aucun démontage technique ni nettoyage du circuit frigorifique n’est nécessaire.
Sur une PAC air-air, les unités intérieures disposent généralement de filtres à air accessibles. Sur une PAC air-eau, les composants et les possibilités d’entretien par l’utilisateur sont différents : certains filtres du circuit hydraulique ne doivent pas être démontés par un particulier.
Avant de commencer, identifiez donc votre équipement et vérifiez les consignes de nettoyage indiquées dans sa documentation.
Pour les filtres à air amovibles et lavables, la méthode est simple : retirez-les selon la procédure prévue, éliminez les poussières à l’aspirateur sans forcer, puis rincez-les doucement à l’eau tiède si le fabricant l’autorise. Évitez les détergents non recommandés.
Le séchage est indispensable. Un filtre doit être complètement sec avant son remontage afin de limiter l’humidité résiduelle et les risques associés. Selon les conditions ambiantes, cette étape peut demander davantage de temps que le nettoyage lui-même.
À l’extérieur, retirez manuellement les feuilles, petits branchages et déchets présents autour du socle, uniquement dans les zones accessibles sans démontage. Vérifiez également que l’évacuation des condensats reste dégagée et que l’espace de ventilation recommandé par le fabricant est respecté.
Plusieurs pratiques sont à proscrire : le nettoyeur haute pression, les objets pointus glissés entre les ailettes et le grattage des dépôts sur l’échangeur. Les fines ailettes métalliques se déforment facilement, ce qui peut perturber le passage de l’air. L’eau projetée sous pression peut également endommager certains éléments.
Votre checklist mensuelle d’entretien en 5 actions
- Consultez les consignes de votre modèle, arrêtez l’appareil et isolez son alimentation lorsque la notice le prévoit : notez la date du contrôle.
- Inspectez les filtres à air accessibles : consignez « propre », « à nettoyer » ou « à remplacer » selon leur état.
- Nettoyez les filtres lavables autorisés et laissez-les sécher entièrement : vérifiez leur remise en place correcte.
- Retirez les déchets autour de l’unité extérieure : prenez une photo montrant que les passages d’air sont dégagés.
- Après remise en service selon la notice, observez le fonctionnement : inscrivez tout bruit inhabituel, givre persistant ou message d’erreur dans votre carnet.
Le contrôle visuel peut entrer dans une routine courte. En revanche, prévoyez un temps de séchage supplémentaire pour les filtres lavés et interrompez toute opération qui exigerait d’ouvrir un compartiment électrique ou technique.
Une fois ces gestes maîtrisés, il reste à déterminer quelles interventions doivent être confiées à un professionnel et à quelle fréquence.
Entretien obligatoire ou recommandé : qu’est-ce qui relève du bon sens et qu’est-ce qui relève du contrat ?
L’entretien d’une pompe à chaleur comprend trois niveaux distincts : les gestes courants du propriétaire, l’entretien professionnel imposé par la réglementation applicable et les prestations prévues dans un contrat commercial. En France, les systèmes thermodynamiques concernés, d’une puissance nominale de 4 à 70 kW, doivent faire l’objet d’un entretien professionnel au maximum deux ans.
Cette règle découle des articles du Code de l’environnement sur l’entretien des systèmes thermodynamiques.
Le champ d’application dépend notamment de la puissance nominale et de l’usage de l’appareil. Les systèmes destinés uniquement à produire l’eau chaude sanitaire d’un seul logement sont exclus de ce dispositif particulier.
L’article R224-44 du Code de l’environnement précise ce périmètre. Il ne faut pas confondre la puissance de la PAC, exprimée en kW, avec la quantité de fluide frigorigène présente dans son circuit.
La quantité et la nature du fluide peuvent entraîner des obligations distinctes de contrôle d’étanchéité. Elles ne déterminent donc pas, à elles seules, la périodicité de l’entretien général.
Concernant la fréquence, l’article R224-44-3 relatif à la périodicité de l’entretien prévoit notamment un intervalle maximal de deux ans pour les installations concernées, avec une première intervention au plus tard deux ans après l’installation ou le remplacement.
2 ans maximum
Intervalle entre deux entretiens professionnels pour les systèmes thermodynamiques soumis à cette obligation en France, notamment dans la plage de puissance de 4 à 70 kW. Cette règle comporte des exclusions.
Code de l’environnement français, articles R224-44 à R224-44-5.
Dans les autres pays francophones, notamment en Belgique, en Suisse ou au Luxembourg, les règles et les responsabilités peuvent être différentes. Il convient de vérifier les dispositions applicables localement.
Le contrat d’entretien ne doit pas être confondu avec l’obligation réglementaire. Un contrat annuel peut inclure une visite chaque année, un service de dépannage ou des prestations complémentaires, même si la réglementation française applicable à l’appareil prévoit une fréquence minimale différente.
Pour évaluer un contrat, comparez les points suivants :
- La fréquence des visites préventives et les vérifications réellement effectuées.
- La prise en charge du déplacement, de la main-d’œuvre et des éventuelles pièces d’usure.
- Les délais d’intervention prévus en cas de panne.
- Les exclusions relatives au compresseur, à l’électronique ou au circuit frigorifique.
- Les conditions de facturation des prestations supplémentaires.
La garantie constructeur constitue encore un autre cadre. Ses conditions dépendent du fabricant et de la garantie applicable. Un défaut d’entretien peut devenir un sujet de contestation lorsqu’il est lié à la défaillance constatée, mais il ne faut pas en déduire automatiquement que toute panne est exclue de toute garantie.
Conservez les factures, les attestations de visite et les recommandations techniques. En France, l’entretien réglementaire donne notamment lieu à une attestation établie après l’intervention.
Cette distinction permet de savoir qui intervient sur chaque composant et d’éviter de confier au propriétaire une opération réservée à un technicien qualifié.
L’erreur qui provoque du givre persistant et fait chuter les performances sans message d’alerte
Une erreur courante consiste à protéger l’unité extérieure du froid avec une bâche trop proche, un habillage fermé ou des objets qui bloquent son passage d’air. Cette obstruction peut perturber les échanges thermiques et le dégivrage automatique. Le résultat peut être un givre persistant, une perte de puissance et une consommation accrue, sans défaut immédiatement affiché.
Une pompe à chaleur a besoin de faire circuler librement l’air extérieur, y compris lorsque les températures sont négatives. La couvrir avec une protection étanche pendant son fonctionnement revient à gêner une fonction indispensable à son efficacité.
Le givre n’est pourtant pas systématiquement anormal. Sur une PAC aérothermique en mode chauffage, l’échangeur extérieur peut devenir suffisamment froid pour provoquer la condensation puis le gel de l’humidité de l’air.
L’appareil déclenche normalement des cycles de dégivrage pour éliminer cette accumulation. Pendant ces séquences, son fonctionnement peut changer temporairement, ce qui ne constitue pas nécessairement une panne.
Le véritable signal d’alerte est une couche de glace épaisse qui ne disparaît pas après plusieurs cycles attendus, particulièrement si elle s’accompagne d’une baisse de chauffage ou d’un comportement inhabituel.
La distinction peut se faire par l’observation du comportement de l’appareil sur une durée raisonnable, en tenant compte des consignes du fabricant et des conditions météorologiques.
| Observation | Fonctionnement potentiellement normal | Signe à faire vérifier |
|---|---|---|
| Aspect de l’échangeur | Givre temporaire par temps froid et humide | Glace épaisse persistante malgré les cycles de dégivrage |
| Chauffage intérieur | Variation temporaire pendant le dégivrage | Baisse durable de la température intérieure |
| Ventilation | Changement de fonctionnement prévu par l’appareil | Ventilateur gêné, bruit de frottement ou obstruction visible |
| Évacuation d’eau | Écoulement d’eau après la fonte du givre | Formation importante de glace gênant l’évacuation ou le fonctionnement |
Une PAC peut subir une baisse de performance sans afficher de code d’erreur, car ses dispositifs de surveillance ne détectent pas nécessairement toutes les obstructions partielles.
Lorsque du givre persistant apparaît, vérifiez à distance si une bâche, des feuilles ou des objets bloquent la ventilation. Retirez uniquement les obstacles accessibles, sans toucher aux organes mobiles ou à la glace et sans introduire d’outil dans l’appareil. Laissez ensuite le fonctionnement automatique reprendre conformément à la notice.
N’utilisez ni eau bouillante, ni objet métallique, ni outil pour casser la glace. Si le givre ne disparaît pas, si le ventilateur semble bloqué ou si le chauffage devient insuffisant, contactez un professionnel. Un problème de sonde, de dégivrage, de circulation d’air ou de circuit frigorifique peut nécessiter un diagnostic.
Une observation précoce facilite le diagnostic et permet d’éviter qu’une anomalie persistante ne soit découverte lors d’une vague de froid.
Quand programmer l’entretien pour éviter les délais d’intervention de 3 semaines en période de froid
Le meilleur moment pour programmer l’entretien préventif d’une pompe à chaleur se situe généralement hors des périodes de forte demande, au printemps ou vers la fin de l’été. Il est préférable de ne pas attendre les premiers grands froids, lorsque les chauffagistes doivent aussi répondre aux dépannages urgents et que les rendez-vous peuvent devenir plus difficiles à obtenir.
Une visite préventive a davantage d’intérêt lorsqu’elle laisse le temps de corriger les anomalies détectées. Un composant fatigué, un réglage inadapté ou une difficulté de dégivrage peuvent ainsi être traités avant que le chauffage devienne indispensable.
En novembre et pendant les vagues de froid, certains professionnels peuvent annoncer des délais de plusieurs semaines. Trois semaines constituent un scénario possible, pas un délai systématique : la disponibilité dépend de la région, de l’entreprise et du type d’intervention demandé.
Pour une PAC utilisée comme chauffage principal, la programmation doit également tenir compte de sa disponibilité saisonnière et de la possibilité de réaliser les vérifications en fonctionnement.
La bonne organisation consiste à distinguer deux situations :
- Entretien préventif : visite planifiée à l’avance, selon la notice et les obligations applicables.
- Dépannage : intervention à demander rapidement en cas de perte de chauffage, de bruit mécanique inhabituel, de défaut persistant ou de givre anormal.
Si vous disposez d’un contrat, vérifiez à quel numéro signaler une panne, si le déplacement est inclus et si un délai d’intervention est contractuellement prévu.
Conservez également la date du dernier entretien et celle de la prochaine échéance. Un rappel placé deux mois avant permet d’organiser la visite sans dépendre des disponibilités de dernière minute.
Pour un équipement déjà ancien ou présentant des anomalies intermittentes, il peut être utile de transmettre au technicien un historique de consommation, quelques photographies et les observations consignées pendant l’hiver précédent.
Une maintenance bien programmée ne garantit pas l’absence de panne, mais elle donne davantage de possibilités pour détecter une dégradation avant qu’elle ne perturbe le chauffage.
Comment estimer le rendement de votre équipement avec vos relevés et 2 informations de base ?
Pour estimer le rendement réel de votre pompe à chaleur, il faut connaître deux données sur une même période : l’électricité consommée par l’appareil et la quantité de chaleur qu’il fournit au logement. Le rapport entre ces valeurs donne un coefficient de performance moyen. Sans mesure fiable de la chaleur produite, vous pouvez suivre une tendance, mais pas calculer précisément ce rendement.
La première donnée est généralement la plus accessible : certains équipements affichent leur consommation électrique, tandis qu’un compteur dédié peut permettre de relever les kWh utilisés par la PAC.
Veillez à ne pas confondre la consommation du logement entier avec celle de l’appareil. Les usages domestiques, l’eau chaude sanitaire et les éventuels appoints doivent être pris en compte selon le périmètre que vous souhaitez comparer.
La seconde donnée est plus délicate : il faut connaître la chaleur réellement délivrée. Une estimation des besoins thermiques du logement ne remplace pas une mesure de chaleur et peut être trop imprécise pour établir un coefficient fiable.
La relation de calcul est la suivante :
COP moyen sur la période = chaleur thermique fournie (kWh) ÷ électricité consommée (kWh).
Par exemple, dans un scénario purement hypothétique, si une PAC délivre 9 000 kWh de chaleur mesurée pour 3 000 kWh d’électricité consommée pendant la même période, son coefficient moyen est de 3.
Ce résultat doit être comparé avec prudence au SCOP indiqué sur l’étiquette énergétique. Le SCOP est un indicateur saisonnier calculé selon des conditions normalisées. Il n’est pas nécessairement identique au coefficient constaté dans une habitation particulière.
Le rendement réel dépend notamment de la température extérieure, des besoins du bâtiment, de la température de chauffage demandée et des réglages de l’installation.
Pour détecter une dégradation sans compteur thermique, conservez un historique mensuel comprenant :
- Les kWh électriques consommés par la PAC, si cette donnée est disponible.
- La température extérieure moyenne approximative.
- La température de consigne du logement.
- Les changements d’occupation, d’horaires ou de production d’eau chaude.
- Les anomalies constatées et les éventuelles interventions.
Une augmentation de consommation d’une année sur l’autre mérite une analyse, mais elle n’établit pas automatiquement un défaut. Un hiver plus froid ou une consigne plus élevée peuvent expliquer une partie de l’écart.
Si les consommations deviennent incohérentes à conditions comparables, les relevés aideront le technicien à rechercher un problème de réglage, d’échange thermique ou de dimensionnement.
Pourquoi une PAC trop puissante peut consommer plus et durer moins longtemps malgré de « bons chiffres » ?
Une pompe à chaleur surdimensionnée peut chauffer le logement trop rapidement, s’arrêter puis redémarrer fréquemment. Ces cycles courts risquent de dégrader le rendement réel, de multiplier les sollicitations du compresseur et de provoquer des variations de confort. Une excellente performance annoncée sur la fiche technique ne garantit donc pas un fonctionnement efficace une fois l’appareil installé.
La puissance d’une PAC doit être adaptée aux déperditions thermiques du bâtiment, mais également à la manière dont les besoins varient selon la météo.
Lorsque la puissance minimale fournie par l’équipement reste supérieure aux besoins du logement, même une PAC équipée d’un compresseur modulant peut être contrainte d’effectuer des arrêts et redémarrages répétés.
Ces phénomènes sont appelés cycles courts. Ils peuvent réduire l’efficacité globale et solliciter davantage certains composants, même si leur impact précis dépend de la conception et de la régulation de l’installation.
Le surdimensionnement passe parfois inaperçu lors de l’achat. Une puissance plus élevée peut sembler rassurante, notamment dans les régions froides. Pourtant, sélectionner un modèle uniquement à partir de la surface habitable ou d’une marge de sécurité importante peut conduire à une installation mal adaptée.
Pour détecter un comportement suspect, observez la fréquence des arrêts et redémarrages pendant une période de chauffage relativement stable.
Des pièces qui montent rapidement en température avant de refroidir, des redémarrages fréquents ou des bruits de démarrage récurrents sont des indices à examiner. Ils ne suffisent toutefois pas à diagnostiquer un surdimensionnement : la régulation, les thermostats et la circulation hydraulique peuvent également intervenir.
Un dimensionnement correct repose sur l’étude des déperditions du logement, des températures extérieures de référence, des émetteurs de chaleur et des besoins réels. Un léger surdimensionnement peut être pertinent dans certaines configurations, mais il doit être justifié par une étude technique.
Si votre PAC présente un cyclage inhabituel, évitez de modifier au hasard les paramètres avancés. Demandez plutôt à l’installateur de vérifier la puissance minimale modulée, les réglages de régulation et l’adéquation de l’appareil aux besoins du bâtiment.
Le dimensionnement explique une partie des écarts de consommation, mais les conditions météorologiques restent également déterminantes, notamment lorsque la température extérieure approche du point de congélation.
À retenir avant les périodes de grand froid
- Une diminution du rendement lorsque la température extérieure baisse n’indique pas nécessairement une panne.
- Un échangeur obstrué ou un dégivrage perturbé peuvent aggraver cette diminution naturelle.
- Pour évaluer une PAC, examinez conjointement les conditions météorologiques, les réglages de chauffage et les consommations relevées.
Pourquoi votre équipement « haut rendement » ne tient pas ses promesses quand il fait 0 °C dehors ?
À 0 °C, une pompe à chaleur aérothermique peut présenter un rendement inférieur à celui observé par temps doux, même lorsqu’elle fonctionne normalement. Elle doit prélever de l’énergie dans un air plus froid et, lorsque l’humidité provoque du givre, effectuer des dégivrages. Ces contraintes réduisent la quantité de chaleur utile obtenue pour chaque kWh d’électricité consommé.
Une PAC air-air ou air-eau exploite les calories présentes dans l’air extérieur. Plus cet air est froid, plus le compresseur doit généralement fournir d’effort pour atteindre la température nécessaire au chauffage du logement.
À cette contrainte s’ajoutent les cycles de dégivrage lorsque les conditions l’exigent. Ils consomment de l’énergie et peuvent réduire temporairement la chaleur disponible pour les pièces.
Une température de 0 °C n’est cependant pas un seuil universel de mauvais fonctionnement. Le comportement dépend du modèle, de l’humidité extérieure, de la température demandée à l’installation et de sa conception.
Pour une PAC air-eau, une température de départ d’eau trop élevée peut augmenter l’effort demandé au compresseur. La loi d’eau, lorsqu’elle est présente, permet d’ajuster cette température en fonction des conditions extérieures.
Il peut donc être pertinent de faire vérifier ses réglages plutôt que d’augmenter systématiquement la température demandée lors des journées froides.
Une consigne intérieure relativement stable favorise généralement un fonctionnement régulier. Les baisses de température importantes suivies d’une remontée rapide peuvent imposer une demande de puissance élevée, selon le logement et le système de chauffage.
Sur certaines installations, une résistance électrique ou un autre système d’appoint peut intervenir temporairement. Son fonctionnement n’est pas nécessairement anormal s’il correspond aux conditions prévues lors du dimensionnement.
La vigilance doit surtout porter sur les écarts inhabituels : température intérieure qui ne remonte plus, consommation nettement supérieure à celle observée dans des conditions comparables ou givre qui ne disparaît pas.
Un entretien régulier ne supprime pas les limites physiques d’une pompe à chaleur lorsqu’il fait froid. En revanche, il aide à éviter qu’un défaut d’entretien accentue une baisse de rendement déjà attendue.
Dès ce mois-ci, relevez votre consommation, inspectez les abords de l’unité extérieure et vérifiez la date de la dernière visite professionnelle. Si un bruit anormal, un givre persistant ou une perte de chauffage apparaît, faites établir un diagnostic plutôt que d’attendre une panne complète.
Faut-il entretenir sa pompe à chaleur tous les mois ?
Un contrôle visuel mensuel constitue une bonne habitude de prévention, mais il ne correspond pas nécessairement à une obligation légale. Vous pouvez vérifier les filtres accessibles, les abords de l’unité extérieure et les signes de fonctionnement inhabituel. La fréquence réelle de nettoyage dépend du modèle, de son environnement et des recommandations du fabricant.
Peut-on entretenir soi-même une pompe à chaleur sans perdre sa garantie ?
Les opérations explicitement prévues pour l’utilisateur, comme le nettoyage des filtres accessibles ou le retrait de feuilles autour de l’appareil, peuvent normalement être réalisées en respectant la notice. En revanche, le démontage de composants techniques ou une intervention non autorisée peut poser un problème de sécurité ou de garantie. Vérifiez les conditions du fabricant et conservez les justificatifs de maintenance.
Que faire si l’unité extérieure fait un bruit inhabituel ?
Commencez par observer le contexte : température extérieure, phase de dégivrage, présence de feuilles ou d’objets à proximité. Ne touchez jamais au ventilateur en mouvement. Si le bruit ressemble à un frottement mécanique, s’intensifie ou s’accompagne d’une perte de chauffage, arrêtez l’appareil si la notice le recommande et contactez un professionnel.
Une pompe à chaleur peut-elle fonctionner normalement avec du givre ?
Oui. La formation temporaire de givre sur l’échangeur extérieur est possible lorsque l’air est froid et humide. L’appareil doit normalement gérer cette situation grâce à ses cycles de dégivrage. Une accumulation de glace persistante, particulièrement accompagnée d’une baisse de chauffage, nécessite toutefois un contrôle.
Faut-il arrêter sa pompe à chaleur pendant une absence de quelques jours en hiver ?
Il est généralement préférable d’utiliser le mode absence, réduit ou hors gel prévu par l’installation, plutôt que de couper totalement un système qui assure la protection thermique du logement. Le réglage approprié dépend du climat, de l’isolation et du type de chauffage. Reportez-vous à la notice pour conserver les protections nécessaires contre le gel.